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Chirurgie de l’obésité

Autres interventions et nouvelles approches

Vous avez peut-être entendu parler d’autres opérations. Voici simplement ce qu’elles sont et ce que l’on sait d’elles, pour en parler ensemble en consultation.

L’essentiel

  • En Suisse, le bypass gastrique et la sleeve sont les interventions les plus pratiquées. D’autres techniques existent : elles diffèrent par leur principe et par le recul scientifique disponible.
  • Leur cadre en Suisse est résumé plus bas, avec le statut de chaque intervention.
  • Vous pouvez être accueilli et accompagné au Centre à Nyon, quelle que soit l’intervention discutée.

Cinq interventions en bref

Ces techniques modifient l’estomac, l’intestin, ou les deux. Elles sont présentées pour vous aider à comprendre les options dont vous pourriez entendre parler ; le choix d’une intervention se discute avec vous, en équipe.

Le duodenal switch (BPD-DS)

  • Principe. L’estomac est réduit comme pour une sleeve, puis l’intestin est réorganisé : les aliments ne rencontrent la bile et les sucs digestifs que sur une courte portion de l’intestin, avant le gros intestin. L’absorption des graisses et de certains nutriments est fortement réduite.
  • Place dans le parcours. Envisagé surtout lorsque l’IMC est très élevé, parfois comme seconde étape après une sleeve.
  • Contraintes et risques établis. davantage d’effets indésirables digestifs et de carences qu’après un bypass ; suivi nutritionnel étroit et suppléments à vie1, 2.
  • Statut en Suisse : intervention complexe, réalisée en centre de référence2.

Le SADI-S

  • Principe. Une sleeve est d’abord réalisée. Le duodénum, la première portion de l’intestin à la sortie de l’estomac, est ensuite sectionné quelques centimètres après le pylore, le muscle qui ferme la sortie de l’estomac. Sa partie restée reliée à l’estomac est raccordée en un seul point à une anse de la dernière partie de l’intestin grêle, l’iléon. Les aliments passent ainsi de l’estomac directement dans l’iléon ; la bile et les sucs digestifs empruntent la partie de l’intestin court-circuitée et rejoignent les aliments au niveau de ce raccordement, dans la portion d’intestin commune qui mène au gros intestin3. Par rapport au duodenal switch, il ne comporte qu’un raccordement au lieu de deux.
  • Place dans le parcours. Une variante du duodenal switch, discutée dans des situations comparables.
  • Contraintes et risques établis. des carences nutritionnelles sont fréquentes ; un suivi nutritionnel et des suppléments à vie sont nécessaires4.
  • Statut en Suisse : « en évaluation », uniquement dans le cadre d’une étude2.

La bipartition du transit

  • Principe. Une sleeve est associée à un raccordement entre l’estomac et la dernière partie de l’intestin grêle. Une partie des aliments passe directement vers cette portion de l’intestin, l’autre suit le chemin habituel par le duodénum ; aucun segment d’intestin n’est exclu.
  • Place dans le parcours. Une technique récente, proposée dans le cadre de la recherche.
  • Contraintes et risques établis. les effets à long terme restent mal connus, faute de recul suffisant5.
  • Statut en Suisse : « en évaluation », uniquement dans le cadre d’une étude6.

Le SASI

  • Principe. Variante de la bipartition du transit : après une sleeve, l’estomac est raccordé en un seul point à une anse de la dernière partie de l’intestin grêle. Une partie des aliments emprunte ce raccordement, l’autre suit le chemin habituel.
  • Place dans le parcours. Une technique récente, proposée dans le cadre de la recherche.
  • Contraintes et risques établis. les effets à long terme restent mal connus, faute de recul suffisant5.
  • Statut en Suisse : « en évaluation », uniquement dans le cadre d’une étude6.

Le bypass en oméga (OAGB ou « mini-bypass »)

  • Principe. Une poche d’estomac longue et étroite est raccordée en un seul point à une anse d’intestin grêle.
  • Place dans le parcours. largement pratiqué hors de Suisse et reconnu par l’IFSO5.
  • Contraintes et risques établis. reflux de bile, ulcères au niveau du raccordement et carences sont décrits7.
  • Statut en Suisse : « en évaluation », uniquement dans le cadre d’une étude6, 8.

Une technique plus récente n’est pas forcément meilleure : son intérêt se juge sur des résultats suivis pendant de nombreuses années.

Pour aller plus loin : études, recul et questions en cours

Ce volet résume les études disponibles et les questions encore débattues. Il ne change rien aux statuts indiqués plus haut.

  • Duodenal switch. Un essai randomisé scandinave a suivi pendant plus de dix ans des personnes dont l’IMC était de 50 à 60 : la perte de poids a été plus importante qu’après un bypass, mais avec davantage d’effets indésirables et de carences1.
  • SADI-S. Proposé en 2007, il est reconnu par l’IFSO (Fédération internationale pour la chirurgie de l’obésité et des maladies métaboliques). Dans sa mise à jour publiée en 2024, l’IFSO relève que les données de bonne qualité restent rares et demande davantage d’études à long terme et d’essais randomisés5, 4.
  • Bipartition du transit. En 2022, l’IFSO relevait l’absence d’essais randomisés et recommandait de ne proposer cette technique que dans un protocole de recherche approuvé5. Des essais randomisés ont été publiés depuis, sur de petits effectifs et avec un suivi court ; le plus récent, publié en 2026, porte sur un an et ses auteurs jugent un suivi plus long nécessaire9, 10.
  • SASI. En 2022, l’IFSO recommandait de ne la proposer que dans un protocole de recherche approuvé5. Un essai randomisé publié en 2025 l’a comparée à une variante proche ; un essai randomisé la comparant à la sleeve fait l’objet d’un protocole publié en 202611, 12.
  • Bypass en oméga. Les données au-delà de cinq ans restent moins nombreuses7. Un risque de cancer lié à cette intervention n’est pas démontré : la question est soulevée par analogie avec d’anciens montages chirurgicaux comparables, et elle explique la prudence de la SMOB2, 7.

État des publications au 15 octobre 2026.

Le cadre suisse en bref

  • Sleeve et bypass gastrique : interventions de base, réalisées dans tous les centres reconnus, dont l’Hôpital de Nyon.
  • Duodenal switch et interventions en deux temps : interventions complexes, réalisées en centre de référence.
  • Bypass en oméga, SADI-S, bipartition du transit, SASI : interventions « en évaluation », réalisées seulement dans le cadre d’une étude approuvée par une commission d’éthique, en centre de référence.
Le détail des directives suisses

Les directives de la SMOB (société suisse de chirurgie de l’obésité) distinguent trois groupes d’interventions6 :

  • Interventions de base (anneau gastrique, sleeve, bypass gastrique) : possibles dans tous les centres reconnus.
  • Interventions complexes (dérivation biliopancréatique avec ou sans duodenal switch, interventions en deux temps, réinterventions) : réservées aux centres de référence.
  • Interventions « en évaluation » (notamment le bypass en oméga, ou « mini-bypass », et tout procédé qui ne figure pas dans les deux premiers groupes) : uniquement dans le cadre d’une étude prospective approuvée par une commission d’éthique, en centre de référence.

La bipartition du transit et le SASI ne sont pas nommés dans les directives : ils relèvent de la catégorie des procédés qui ne figurent pas dans les deux premiers groupes.

L’assurance de base prend en charge la chirurgie de l’obésité lorsque l’indication, la réalisation et le suivi respectent ces directives13.

Anneau, ballon et techniques par endoscopie

Schéma comparatif : anneau gastrique, sleeve gastrectomie et bypass gastrique.

De gauche à droite : anneau gastrique ajustable, sleeve gastrectomie, bypass gastrique.

Schéma simplifié, sans échelle.

L’anneau gastrique figure encore parmi les interventions de base, mais il n’est presque plus posé6, 8. Si vous portez un anneau, parlez-en en consultation : voir Vous avez déjà été opéré(e).

Les techniques par endoscopie restent « en évaluation » en Suisse6. Le ballon gonflé dans l’estomac n’est pas pris en charge par l’assurance de base13.

Des approches en plusieurs étapes

Chez certaines personnes, notamment lorsque l’IMC est très élevé, l’intervention peut se faire en deux temps : une sleeve d’abord, puis, si nécessaire, une seconde intervention, comme un bypass ou un duodenal switch. Voir Quelle prise en charge lorsque l’IMC dépasse 50 ?.

Un traitement médicamenteux peut aussi, selon la situation, accompagner la préparation ou compléter la prise en charge après l’opération : voir Médicaments et chirurgie : des approches complémentaires.

Au Centre

Les interventions de l’équipe ont lieu à l’Hôpital de Nyon (GHOL), qui figure sur la liste des centres reconnus par la SMOB comme centre primaire14. En tant que centre primaire, il réalise les interventions de base.

Vous pouvez être accueilli et accompagné au Centre à Nyon, y compris lorsque votre IMC dépasse 50. L’évaluation, la préparation et le suivi peuvent y être organisés. Si votre intervention nécessite un centre de référence, nous coordonnons cette étape avec l’établissement adapté. Dans la mesure du possible et en accord avec le centre d’accueil, le Dr Pierre Fournier y réalise lui-même votre intervention.

Selon votre situation, l’établissement adapté peut être un centre de référence à Genève (HUG), à Lausanne ou à Neuchâtel.

Questions fréquentes

Puis-je bénéficier d’une intervention « en évaluation » ?

En Suisse, seulement dans le cadre d’une étude. Si cette question vous concerne, parlez-en en consultation.

Puis-je être suivi(e) à Nyon si l’intervention envisagée relève d’un centre de référence ?

Oui. Vous pouvez être accueilli et accompagné au Centre à Nyon, y compris lorsque votre IMC dépasse 50. L’évaluation, la préparation et le suivi peuvent y être organisés. Si votre intervention nécessite un centre de référence, nous coordonnons cette étape avec l’établissement adapté. Dans la mesure du possible et en accord avec le centre d’accueil, le Dr Pierre Fournier y réalise lui-même votre intervention.

Comment savoir quelle intervention me convient ?

Le choix tient compte de votre santé, de vos maladies associées, de vos préférences, des connaissances disponibles et du cadre suisse. Le choix du traitement est discuté avec vous et l’équipe multidisciplinaire. La décision est prise collégialement, en tenant compte de votre santé, de vos attentes et de vos préférences. Voir Comment choisir une intervention ?.

Et maintenant ?

Si l’une de ces interventions vous interroge, vous pouvez en parler lors d’une consultation d’évaluation chirurgicale.

Votre demande est reçue par le secrétariat du Centre, qui organise la suite avec vous. Vous n’avez pas à vérifier vous-même si vous remplissez les critères.

Révision médicale : Dr Pierre Fournier

Sources et références scientifiques

Sources consultées le 15 octobre 2026. Les règles de remboursement et les informations sur les médicaments évoluent.

  1. Salte OBK, Olbers T, Risstad H, et al. Ten-year outcomes following Roux-en-Y gastric bypass vs duodenal switch for high body mass index: a randomized clinical trial. JAMA Netw Open. 2024;7(6):e2414340. Consulter la source
  2. SMOB. Surgical procedures : interventions établies (de base et complexes) et interventions non établies en Suisse (« in evaluation »), page du site de la SMOB, sans date, consultée le 15 octobre 2026. Consulter la source
  3. Eichelter J, Felsenreich DM, Bichler C, et al. Surgical technique of single anastomosis duodeno-ileal bypass with sleeve gastrectomy (SADI-S). Surg Technol Int. 2022;41:111-117. Consulter la source
  4. Ponce de Leon-Ballesteros G, Romero-Velez G, Higa K, et al. Single anastomosis duodeno-ileostomy with sleeve gastrectomy/single anastomosis duodenal switch (SADI-S/SADS) IFSO position statement—update 2023. Obes Surg. 2024;34(10):3639-3685. Consulter la source
  5. Haddad A, Kow L, Herrera MF, et al. Innovative bariatric procedures and ethics in bariatric surgery: the IFSO position statement. Obes Surg. 2022;32(10):3217-3230. Consulter la source
  6. Swiss Society for the Study of Morbid Obesity and Metabolic Disorders (SMOB). Directives pour le traitement chirurgical de l’obésité, en vigueur dès le 1er juillet 2023. Consulter la source
  7. Mitra A, Bhambri A, Fehervari M, Parmar C. Long-term outcomes of one anastomosis gastric bypass: a systematic review and meta-analysis of 5-year and beyond. Obes Surg. 2026;36(1). doi:10.1007/s11695-025-08339-w. Consulter la source
  8. Gerber PA, Collet TH, Favre L, et al. Swiss obesity clinical practice guidance. Swiss Med Wkly. 2026;156:5415. Consulter la source
  9. Azevedo FR, Santoro S, Correa-Giannella ML, et al. A prospective randomized controlled trial of the metabolic effects of sleeve gastrectomy with transit bipartition. Obes Surg. 2018;28(10):3012-3019. Consulter la source
  10. Consalvo V, Rodriguez SG, Galli F, et al. Sleeve gastrectomy with Roux-en-Y transit bipartition versus sleeve gastrectomy for the treatment of obesity and reflux: a multicenter randomized controlled trial. Obes Surg. 2026 (publié en ligne le 24 septembre 2026). Consulter la source
  11. Sewefy AM, Abdelzaher MA, Sabry K, et al. Single anastomosis sleeve jejunal (SAS-J) bypass vs single anastomosis sleeve ileal (SASI) bypass, prospective randomized controlled clinical trial. Int J Surg. 2025. Consulter la source
  12. Haug HM, Hagen RE, Kristinsson JA, et al. A two-center randomized clinical superiority trial of single-anastomosis sleeve ileal bypass versus sleeve gastrectomy for severe obesity: SASSY study protocol. Scand J Surg. 2026. Consulter la source
  13. Office fédéral de la santé publique (OFSP). Annexe 1 de l’ordonnance sur les prestations de l’assurance des soins (OPAS), édition du 1er juillet 2026 : chapitres 1.1 et 2.1. Consulter la source
  14. SMOB. Liste des centres reconnus, état au 1er mai 2026. Consulter la source
Auteur
Texte préparé pour le Centre à partir des sources citées
Références
Voir le volet « Sources et références scientifiques » de cette page

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