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Traitements

Médicaments de l’obésité : anticiper la reprise de poids

Après l’arrêt d’un médicament de l’obésité, le poids remonte souvent : ce que montrent les études et comment préparer la suite dès le début du traitement.

L’essentiel

Les médicaments peuvent aider à perdre du poids et à améliorer la santé. Mais après leur arrêt, une reprise de poids est fréquente et peut être importante.

La question n’est donc pas seulement « combien vais-je perdre ? », mais aussi « comment maintenir les bénéfices dans la durée ? ». Cette discussion fait partie du traitement dès le départ.

Pourquoi le poids peut-il remonter ?

Les médicaments agissent notamment sur la faim et la satiété. Lorsque leur effet disparaît, l’appétit peut augmenter à nouveau, alors que les mécanismes biologiques favorisant la reprise de poids restent présents.

Cette évolution ne traduit pas un manque de volonté. Elle rappelle que l’obésité est une maladie chronique, dont la prise en charge peut nécessiter un traitement prolongé.

Ce que montrent les études

Après l’arrêt du sémaglutide

Dans l’extension de l’étude STEP 1, les participants auparavant traités par sémaglutide ont repris, en moyenne, environ les deux tiers du poids perdu dans l’année suivant l’arrêt. Le médicament et l’accompagnement structuré de l’étude avaient tous deux été interrompus.

Cela ne signifie pas que chaque personne reprend tout son poids, mais montre que le maintien sans traitement peut être difficile.

Après l’arrêt du tirzépatide

Dans une analyse de SURMOUNT-4 publiée dans un numéro de 2026, 82 % des participants étudiés ont repris au moins un quart du poids qu’ils avaient perdu dans l’année suivant l’arrêt. Cette analyse concernait des personnes ayant initialement perdu au moins 10 % de leur poids.

Il s’agit d’un quart du poids perdu, pas d’une augmentation de 25 % du poids total. Par exemple, un quart d’une perte de 20 kg représente 5 kg.

Ces études ne comparent pas directement les deux médicaments : leurs protocoles et leurs populations diffèrent.

Que nous apprennent les publications récentes ?

Une synthèse publiée dans le BMJ en 2026 confirme une reprise de poids après l’arrêt des médicaments et une diminution progressive de certains bénéfices métaboliques.

À l’inverse, les études de traitement prolongé montrent que les bénéfices peuvent se maintenir. Des essais publiés en 2026 évaluent également la poursuite du traitement, une adaptation de dose ou un relais médicamenteux.

Ces possibilités se discutent individuellement. Un résultat de recherche ne signifie pas qu’une stratégie est disponible ou adaptée à chaque patient en Suisse.

Préparer la suite dès le départ

Avant de commencer, puis au cours du suivi, nous discutons avec vous :

  • des bénéfices recherchés et de la réponse au traitement ;
  • de sa tolérance et de sa place dans la durée ;
  • de l’alimentation, de l’activité physique et de la préservation des muscles ;
  • des contraintes pratiques ou financières susceptibles d’entraîner une interruption ;
  • de la conduite à tenir si l’appétit ou le poids augmentent à nouveau.

Une baisse progressive des doses ou un espacement des injections ne doivent pas être présentés comme une garantie contre la reprise de poids. Toute adaptation se décide avec le prescripteur.

Quelle place pour la chirurgie ?

La chirurgie peut être discutée lorsqu’elle est indiquée, en fonction de votre santé et de votre parcours. Il n’est pas nécessaire d’attendre une reprise importante pour réévaluer les options.

Médicaments et chirurgie peuvent aussi se compléter. La chirurgie nécessite elle-même un suivi durable et n’exclut pas une reprise de poids.

Médicaments et chirurgie, des approches complémentaires

Si vous envisagez d’arrêter

Parlez-en à votre médecin afin d’organiser la suite. L’objectif est de prévoir un suivi et une stratégie adaptée, plutôt que de vous laisser seul face au retour de la faim ou à une remontée du poids.

Révision médicale : Dr Pierre Fournier

Sources et références scientifiques

Sources consultées le 15 octobre 2026.

  1. Wilding JPH, Batterham RL, Davies M, et al. Weight regain and cardiometabolic effects after withdrawal of semaglutide: the STEP 1 trial extension. Diabetes Obes Metab. 2022;24(8):1553-64. doi:10.1111/dom.14725. Population : adultes en surpoids ou avec une obésité, sans diabète (sous-groupe de 327 participants de l’essai STEP 1). Durée : 68 semaines de traitement, puis 52 semaines d’observation après l’arrêt du médicament et de l’accompagnement. Consulter la source
  2. Horn DB, Linetzky B, Davies MJ, et al. Cardiometabolic parameter change by weight regain on tirzepatide withdrawal in adults with obesity: a post hoc analysis of the SURMOUNT-4 trial. JAMA Intern Med. 2026;186(2):157-67. doi:10.1001/jamainternmed.2025.6112. Analyse post hoc. Population : 308 adultes avec une obésité ayant perdu au moins 10 % de leur poids après 36 semaines de tirzépatide, puis passés au placebo. Durée : 52 semaines d’observation après l’arrêt (semaines 36 à 88). Article paru dans le numéro de février 2026. Consulter la source
  3. West S, Scragg J, Aveyard P, et al. Weight regain after cessation of medication for weight management: systematic review and meta-analysis. BMJ. 2026;392:e085304. doi:10.1136/bmj-2025-085304. Revue systématique et méta-analyse de 37 études (9 341 participants), suivi moyen de 32 semaines après l’arrêt. Les délais de retour aux valeurs initiales proposés par les auteurs sont des projections par modélisation, non des observations. Consulter la source
  4. Ryan DH, Lingvay I, Deanfield J, et al. Long-term weight loss effects of semaglutide in obesity without diabetes in the SELECT trial. Nat Med. 2024;30(7):2049-57. doi:10.1038/s41591-024-02996-7. Population : 17 604 adultes en surpoids ou avec une obésité, avec une maladie cardiovasculaire établie et sans diabète. Durée : traitement par sémaglutide jusqu’à 4 ans. Consulter la source
  5. Horn DB, Aronne LJ, Wharton S, et al. Tirzepatide for maintenance of bodyweight reduction in people with obesity in the USA (SURMOUNT-MAINTAIN): a multicentre, double-blind, randomised, placebo-controlled trial. Lancet. 2026;407(10545):2305-18. doi:10.1016/S0140-6736(26)00656-2. Population : 378 adultes avec une obésité, aux États-Unis, après 60 semaines de tirzépatide. Comparaison : poursuite de la dose, réduction de la dose ou placebo, pendant 52 semaines. Essai financé par le fabricant. Consulter la source
  6. Aronne LJ, Horn DB, le Roux CW, et al. Orforglipron for maintenance of body weight reduction: the double-blind, randomized phase 3b ATTAIN-MAINTAIN trial. Nat Med. 2026;32(7):2679-87. doi:10.1038/s41591-026-04386-7. Population : 376 adultes, aux États-Unis, après 72 semaines de sémaglutide ou de tirzépatide injectable. Comparaison : relais par l’orforglipron, un médicament oral, ou placebo, pendant 52 semaines. Essai financé par le fabricant. Consulter la source
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Texte préparé pour le Centre à partir des sources citées
Références
Voir le volet « Sources et références scientifiques » de cette page

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